Encéphalite
Comment je vais mourir
Cette nuit j'ai encore fait un rêve assez... exceptionnel... dans son genre, mais ce qu'il a de plus étonnant c'est que je vous en faire part. Disons qu'il sera très grossièrement résumé parce que, et c'est le propre d'un rêve d'ailleurs, je ne m'en rappelle assez peu. Pour faire le tour de la question (tout en arrêtant de tourner autour du pot), j'avais perdu ma main gauche d'une manière toute conne. En fait je ne sais plus trop comment, je pense que je l'avais un peu surmenée la pauvre (pourtant je suis droitier... ahem). L'impression que ça fait, lorsqu'on repose la main sur son bout de poignet, c'est un peu comme quand on rentre d'un long voyage: un petit coup de déprime, avec démangeaison en prime.
Je me rend à l'hosto pour me faire réparer; quelques points de colle comme en enfantine et c'est bon, on voit à peine une petite cicatrice bien fichue. Comme Luke Skywalker à la fin de l'Empire contre-attaque, je bouge mes petits doigts aussi facilement que si je n'avais simplement pas fait ce rêve!

Tout cela m'a sûrement permis d'introduire efficacement ce nouvel article, tout en restant dans l'idée:
Depuis un petit moment, je me demande sérieusement (avec tout l'humour qui s'impose lors d'un tel questionnement psyco-métaphysique) COMMENT JE VAIS MOURIR. Voici mes suppositions les plus probables.

1. Manque de prudence à trott.

Pendant une assez longue période (avec interruption en hiver ou en soirée), je ne faisais mes déplacements qu'à dos de trottinette. Je continue à être convaincu que la trottinette, c'est l'avenir. Ma 4ème jambe et moi faisions un duo de choc, renforcé par la confiance que je plaçais en sa solidité: elle n'en était pas à son premier pétage de plomb (de ma part, pas de la sienne). Pour en rajouter, je n'ai jamais fait de chute avec, j'ai toujours pu contourner les obstacles ou bien éviter in extremis une chute.
Sauf que se balader à toute vitesse sur un trottoir rempli de piétons avant de traverser une route bondée, c'est assez téméraire suivant comment. J'ai manqué plusieurs fois de me faire renverser, mais je suis assez attentif l'air de rien.

Pendant un certain temps je me disais que la probabilité de mourir à trottinette était élevée, mais elle s'est cassée en deux alors que je l'utilisais. Adieu donc la possibilité de mourir à trottinette... Mais il reste toujours mon vélo, qui a failli me tuer deux fois ce matin pour la petite histoire.


2. Trop bon, trop con.

J'ai toujours été quelqu'un de beaucoup trop gentil avec les autres. Et je n'en serais pas à ma première déception - loin de là! - si je me faisais poignarder dans le dos par un de mes potes ou par je ne sais quelle pute envers qui j'aurais fait une bonne action.
Malgré ma résignation, j'ai fait quelques progrès: j'ai arrêté de donner de l'argent aux mendiants (pour être sympa à Genève, il faut être riche, et quand on est riche on est con), je ne fais plus aveuglément confiance en mes amis, j'ai arrêté de voter à gauche et je n'ai plus de copine depuis perpet'.
Pourtant je reste beaucoup trop généreux de ma personne envers certain-e-s, et mon dernier coup par derrière ne remonte pas à la nuit des temps.
J'ai encore quelque progrès à faire en la matière car, si l'expérience m'a un peu endurci, j'ai plus appris à être stoïque qu'indestructible. La probabilité que je me ramasse un coup fatal dans le dos est donc loin d'être faible, mais passons à quelque chose d'optimiste.


3. Overdose

Je suis à peu près autant un junkie que la Sainte Vierge était vierge, mais celle-ci a pourtant mis bas. Ce qui signifie (je vous dispense de l'analyse de ma comparaison aussi foireuse qu'une propagande nazie prônant le multiculturalisme) que je peux toujours crever d'une façon douteuse malgré ma simplicité.
Cependant, je ne refuse jamais un petit verre, ni un deuxième, ni un troisième, etc... Peut-être qu'un soir, ayant trop bu, je ferai le mariolle et que je le payerai de ma vie, ou bien ne ferai-je qu'un coma éthylique avec complications létales à la clé...?
L'avenir nous le dira, mais, personnellement, je ne préfère pas.


4. Racailles

Donneront-ils un ènième argument à l'extrême-droite locale? Dommage si je ne suis plus là pour voir ça...


5. Autres

Il y a encore plein d'autres manières ridicules de rendre l'âme, et il serait presque naïf de ma part de vouloir en faire l'inventaire. Il serait également fort présomptueux d'omettre d'autres possibilités de mourir pour la seule raison que je pense les avoir toutes énumérées. Le propre de la vie est de recéler plein de surprises, et c'est sûrement le propre de la mort aussi!



Sinon... Je serai en voyage pendant un bon mois, donc pas d'article d'ici à ce que je revienne! Au fond, ça ne changera pas grand chose...
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Posté par A. Aukahl le 05/07/2010 à 14:24:15 (id:145157)
Harun et compagnie!
Qui n'a jamais entendu parler de la guerre en Irak?
La question est tellement grosse que je rougis un petit peu en la posant, mais vous m'excuserez ma difficulté à trouver une amorce un temps soit peu meilleure pour cet article. On ne peut pas être bon à tout tout le temps!

Moi j'en ai entendu parler la première fois en 2003, j'avais 14 ans et toutes mes dents. L'opinion publique, ainsi que votre ami emporté malgré lui dans le flots de débats du moment, s'est intéressée de plus belle aux talibans et au terrorisme. Parallèlement, on a commencé à débattre sur l'autre bout de l'axe du mal, c'est-à-dire cette masse néguleusesque d'évangélistes, d'anti-avortement et de créationnistes. Voilà où je veux en venir.

C'est à partir de ces grandes discussions que mes opinions en gestations ont entendu parler des meurtres d'avorteurs au Texas par exemple, ou du jesus camp qui adorait bush et jésus, par l'intermédiaire de bush. Il était facile de supposer que ce genre de trainées militaient aussi par chez nous, mais les quelques tracts dénonçant "l'ésotérisme" distribués parfois par quelques allumés n'avaient rien de spécialement hilarant, en tout cas pas par rapport à ce où je veux en venir.

Par contre jamais je n'avais vu cela: ce jour fatidique du 4 mai allait changer durablement ma vision de l'humour. Cette affiche (voir plus bas) toute fraîche dans ma petite bourgade reculée, à une poignée de sous de train de la ville la plus internationale du monde. Et cette saloperie d'affiche s'était implantée partout! Avant de cracher dessus (ce que j'allais évidemment faire, mais laissons donc durer le plaisir!), je me suis permis d'aller faire un tour sur les deux sites vantés.


mensongedelevolution.com
M'étant connecté depuis un ordinateur publique, ce site était censuré, classé dans la catégorie "extrême" de la liste noire de l'Etat de Genève. Classé sous "extrême", cela suppose, à l'en croire mon imagination sans limite, qu'il partage le podium avec des ogrish.com et autres grands noms de l'humour noir. Si mes souvenirs sont bons, même le site de l'UDC du coin y est accessible, et comme l'UDC passe pour un rassemblement de méchants nazis depuis l'autorisation des carnotzets par la constitution, que dire de mensongedelevolution.com! Je m'y suis connecté depuis chez moi donc.
Alors en effet, c'est du beau baratin, fallait s'y attendre! Pour à peine résumer le peu que j'ai feuilleté, ça raconte en gros que les créationnistes sont des abrutis parce que la science elle-même réfute les théories darwinistes, he oui! D'ailleurs, l'affiche en question fait la réclame pour une (je cite)...

conférence scientifique sur l'origine de la vie!

Rien que ça! Je me suis arrêté là, et, de tête, je n'ai vraiment pas plus de souvenir. Je pourrais toujours aller sur ce site maintenant me direz-vous, mais avouons que j'ai mieux à fiche. Passons donc à l'autre site!


la-matiere-est-une-illusion.com
Pas de doute possible, encore des salades! Mais s'il y en a pour les écrire, il y en a encore plus pour les gober, c'est ça qui fout les chocottes! C'est là que je me suis attardé un peu plus longtemps, déjà parce que la plateforme était accessible depuis l'ordinateur publique, et parce que les onglets-choc "Allah est la seule vérité" ont frappé mon regard. Attachez vos ceinturons!

la-matiere-blabla.com est un résumé en ligne des TRAVAUX du gour... scientifique Harun Yahya de son pseudonyme (traduction selon wikipedia: Aaron Jean). Ces TRAVAUX prouvent par A+B (non sans inventer de belles conneries à se raconter en cours de soirée arrosée!) que la matière, bref, vous, moi, TOUT! est une illusion de notre perception. Nos sens codent les informations qu'ils obtiennent en influx électriques qui sont eux-mêmes transmis par notre système nerveux vers un petit bout de cerveau qui les interprètent à leur manière. Jusque là, rien de nouveau.
Là où on commence à sourire, c'est quand monsieur yahya LE SCIENTIFIQUE interprète ceci. Selon c'topio, seul existe réellement ce petit bout de matière grisâtre qui voit, si je puis dire, la matière et qui créé notre environnement.

Et là les gigowatts de crack que notre SCIENTIFIQUE s'est fait injecter directement dans les synapses font leur effet, en tout cas je n'interprète pas autrement une telle énormité.

Selon une sourate du coran qui dit à peu de choses près: "Allah prit de la glèbe, fit une forme humaine avec et y insuffla son esprit", le bout de cerveau qui nous intéresse est une fraction de l'esprit d'Allah qui, comme on l'a vu, perçoit le monde qui nous entoure.

Résumons: la matière est une interprétation de nos perceptions par une arrière-zone de notre ciboulot. Allah a insufflé son esprit dans nous cellules. DONC c'est Allah qui perçoit par l'intermédiaire de NOS yeux et qui, en conséquence, est à l'origine de la matière. DONC la seul être véritable est Allah.

CQFD


L'affiche ne frappe pas seulement par son énormité, mais aussi par sa perfection toute relative en matière de graphisme. Je n'ai pas de grande connaissance en la matière, mais l'effet visuel global est raté à merveille! Certains ont plus insisté sur l'affichage à grande échelle que sur l'affichage de qualité...

Sur le côté gauche de l'affiche, la célèbre chaîne de l'évolution, dont tous les stades précédents le notre sont biffés. On a marqué "FAUX" dessus, sauf que le X de "faux", se voulant séparant l'humain "terminé" de ses prédécesseurs, m'a fait croire qu'on avait écrit "FAU" et qu'on avait oublié le X. Effet visuel manqué; personnellement, j'aurais fait passer le message d'une manière moins grossière. On dirait oui-oui qui redessine une affiche de l'UDC.

Sur le côté droit, une tête, ou du moins son contour, qui contemple... alors là je n'ai toujours pas saisi. Une sorte de carré, à l'intérieur un bout de notre planète, et devant, une sorte de tâche blanche... difficile à interpréter. Une montagne? La Suisse? Mon imagination rame encore. Le même "motif" se retrouve dans la tête susmentionnée, à la place du cerveau.
J'ai d'abord interprété la chose comme telle: l'être humain est crédule, il croit donc ce qu'on lui montre (ici: la terre et la tâche blanche) de la façon la plus naïve possible. Mise en regard avec la chaîne de l'évolution placée à gauche (on lit de gauche à droite, donc j'interprète ainsi le message: voilà ce que vous croyez, que l'être humain est une mutation du singe, voilà comment vous croyez: vous gobez ce qu'une science erronée veut vous faire avaler).

Mais j'avais tort.

Ayant laissé ma patte sur le site la-matiere-est-une-illusion.com, j'ai revu mon interprétation. L'image de droit symbolise donc notre perception de la matière, qui est "lue" par notre cerveau, et tout ce que j'ai retranscrit plus haut... Simple, mais fallait y penser!

Au-dessus de ce dessin à moitié compréhensible, deux mots: Harun Yahya. Allez piger qu'il s'agit d'un nom propre. J'ai cru à une sorte de terme japonais, ou je ne sais d'où, parce que ça sonne pas très japonais quand on se penche un peu... Perspicace comme je suis, je me suis rendu compte, en allant zieuter leurs sites bidons, qu'il s'agissait d'un gus! On est loin de la simplicité des slogans publicitaires traditionnels, qui nous prennent pour de gros abrutis, mais qui font vendre.
A moins que l'affiche en question ne s'adresse qu'à certains habitués, une sorte d'"élite" (mais j'insiste sur les guillemets hein...) qui a déjà tout capté, et qui compte sur un grand nombre d'affiches disséminées un peu partout dans la région pour donner un effet de "puissance": on a la thune pour placarder nos conneries partout, et on est SÛRS!!! qu'on drainera plein de nouveau monde avec nous. En un mot: du bluff.

Ensuite, passons au texte.
Je ne commenterai pas la "conférence scientifique sur les origines de la vie", ni les deux sites puisque je l'ai déjà fait. Ce qui me frappe, c'est l'adresse indiquée: aucune. Ah si, "centre int. de conférence", la suite j'oublie. Mais ce centre, on le trouve où au juste?
Int. ça peut vouloir dire "international"; Genève étant une ville internationale, on doit le trouver facilement non? Moi pas, personnellement... Oui bien "interculturel"? Mais quelles "cultures": alternatives/classiques ou ethniques? Ce genre d'infos peut toujours aider à situer l'endroit, mais les infos manquent cruellement... Naïf cet argument quand on arpente Genève depuis des années, mais pas tant lorsque l'on vient d'un peu plus loin.
Mais ce n'est pas grave: on a tous google chez soi, on peut lui demander, ou au pire on demande à un Genevois type, il doit savoir non?

Toujours sur ce "centre int. de conférences": comment ce monsieur yahya s'est-il pris pour louer la salle?
"Bonjour, je suis harun yahya, j'ai édité des bouquins, dont un qui s'appelle à peu de choses près atlas de la création, je préconise qu'Allah est le seul être véritable, et que les darwinistes/matérialistes ont tort, est-ce-que je peux louer votre salle pour divulguer mes idées à mes moutons?"
En gros, y en a-t-il qui sont regardant sur qui va dire quoi dans son centre de conférences??? Alors ça fait les mariolles quand on invite Dieudonné qui, parait-il, a un pote négationniste, mais ce rigolo qui raconte ses conneries, mais on lui laisse même s'afficher au sens propre du terme?!?? Mais on est où...

Voilà pour la satyre, maintenant je vous laisse tranquille, ami lecteur, et aux prises avec cette affiche foireuse autant dans le visuel que dans les idées transmises...

EDIT: Satyre intéressante de Pascal Bernheim sur la rsr (radio suisse romande) ICI.
Harun et compagnie!
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Posté par A Aukahl le 11/05/2010 à 00:29:09 (id:144948)
Dîner de cons
On entend des voix de plus en plus nombreuses s'élèvant contre le capitalisme, terme souvent flou renfermant plein de choses qui appartiennent à notre société, excepté ce qui nous arrange en elle, que ces choses soient réfutables ou non. Ou terme bien précis pour certains signifiant autre chose pour d'autres personnes, mais ce cas est plus rare. Côtoyant des jeunes pseudo-idéalistes (c'est-à-dire qui recrachent les slogans à la mode en les ornant d'un ton se voulant révolutionnaire), je vais donc parler de la première catégories, que l'on peut s'amuser à diviser en deux sous-classes, celle de ceux qui n'ont vraiment rien pigé, et celle de ceux qui ont pigé que le capitalisme c'est pas bien, mais comme papa gagne beaucoup d'argent, on change pas trop nos habitudes, sauf quand c'est la mode (vous aurez compris que les bobo et moi ça fait deux, et aussi que j'en côtoye beaucoup)...

Dans tous les cas, l'on observe que l'écrasante majorité de ces Che Gevara de jardin d'enfant se plait à critiquer l'empire des grosses multinationales sur le quotidien de la planète, genre Nestlé ou Monsanto pour ne citer qu'elles. Cette contestation se traduit à coups de graffitis (« post tenebras socialismus » : parodie de « post tenebras lux », ou « acab : all cops are bastards ») et de reggea à donfEUH! Le jour de l'escalade. Passé ce jour et passée la gueule de bois qui va avec, on retourne aux activités bien-pensantes de fils de banquiers, d'avocats et j'en passe. Ce qu'ils n'ont pas appris à piger, c'est que sprayer un mur ne changera pas le monde, et que "le capitalisme" ne se borne pas à des affaires de couilles dorées se partageant notre avenir et nos sous, mais qu'il englobe aussi toute une manière de vivre dont on ne se rend même plus compte tellement elle est bien enracinée dans nos caboches, et cela vaut aussi pour un trop grand nombre d'écolos bien pensants.

Ce mode de vie, c'est par exemple changer de portable tous les ans, idem avec son ordi, son écran plasma, et par extension son partenaire et ses potes. Une chose, une personne n'a plus de valeur sauf quand elle est toute récente, lorsqu'on vient de se l'approprier. Ceci a un nom, c'est la consommation, celle qui nous fait trouver le plus normal du monde de jeter son hamburger de chez mcdonalds dans la première poubelle venue (et de donner 20 centimes à la mendiante rom du coin parce que c'est pas normal que des gens meurent de faim bien sûr) ou de lancer des œufs sur les murs du collège pour se révolter contre l'ordre et l'esthétisme, bien qu'aucun bâtiment ne soit vraiment esthétique aujourd'hui. Notre société de consommation est évidemment attaquée violemment dans les discours de ces têtes blondes, mais pas dans les faits bien sûr: elle a encore de beaux jours devant elle cette société de consommation et devinez grâce à qui...

Je ne pense pas changer le monde avec mon petit pamphlet, et encore moins changer la mentalité de ces sous-loques. Mais je peux toujours espérer qu'il y en ait, quelque part, qui, au lieu d'évoquer Haïti en pleurant presque d'hypocrisie, au lieu de jeter au sol le cornichon de son cheese-burger parce que j'aime pas les cornichons, qui ont la décence de finir le repas qu'ils ont commencé, comme avant la guerre, et donc de se rendre compte de la valeur de sa bouffe. Et de s'en rendre compte plus longtemps que le temps d'un documentaire touchant sur Arte ou MTV.
Peut-être qu'il y en a qui se demandent, comme moi, quelles seraient les réactions de ces raclures et de ces apprenties pétasses si on leur servait à midi les restes de ce qu'ils n'ont pas voulu avaler la veille, genre ces poulets gâchés, morts pour rien parce qu'on en aura jeté plus de la moitié (l'image n'est pas nette, mais il s'agit de cuisses de poulets avec des légumes – les enfants n'aiment pas les légumes, c'est pour ça que certaines assiettes sont encore toutes vertes).
Dîner de cons
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Posté par Aukahl le 26/03/2010 à 13:10:08 (id:144382)
Calvingrad
Nid de beaufs, melting-pot hypocrite, bourbier (a)culturel, ville de râleurs idéalistes et de racailles pourries, bienvenue à Genève. C'est du moins comme ça que je caractériserais sa façade.

Derrière ce manteau de crasse, il y a quelque chose qui me fascine à Genève, bien au-delà de ce qu'elle a de beau, d'intéressant, de distrayant et j'en passe. Je ne parle pas seulement de son passé ou de son renom (je m'en fous carrément des banques et des bijoux vous l'aurez compris...). Je décrirais cela comme une sorte d'appel, la voix de ce que l'on recherche quand on a envie de tourner une page dans sa vie, et de bien d'autres choses qui se trouvent en soi. Pour certains cela peut être Lausanne ou Zurich, mais aussi Paris, Mouscou, Sao Paolo et ses favellas, c'est la fascination que l'on porte envers un lieu qui, même s'il a exactement les mêmes caractéristiques qu'un urinoir après une cuite de SDF, semble receler en lui l'opposé de ce qu'il montre.

Chaque jour, je fais l'allé-retour en train pour m'y rendre, et bien souvent on s'étonne de ma ténacité, bien que ce ne soit qu'un quart d'heure à tout casser. Evidemment, prendre le train deux fois par jour toute la semaine pourrait m'énerver à force (c'est sûr que ne pas dépendre des transports publics quand ils ne circulent plus - en pleine nuit j'entends, après une fête intéressante - serait assez plaisant), mais ce n'est pas le cas... J'aime bien me dire "maintenant je ne suis plus une grosse larve qui cuisine ses plats préchauffés et qui glande sur facebook et ogame, maintenant je prends le train!" et j'aime aussi passer ma vie là-bas (je ne dirai pas ce que j'y fais par contre, mais rien de bien méchant: je ne dévoile pas toute ma vie sur internet non plus... mais si vous y tenez tant, sachez que je viens de manger une madelaine).

C'est ça qui fait aussi, sans doute, que j'aime tellement me promener à pied sur le pont du Mont Blanc ou en vieille ville par exemple, dès que le temps s'y prête, comme aujourd'hui. C'est ça aussi qui me donne cette capacité presque surhumaine à marcher de Rive à Cornavin.

C'est ça aussi qui me fait me comparer, lorsque mon train de retour quitte la gare, à un gamin qui, après avoir insisté pour que sa maman reste un instant de plus, la quitte avec un regard complice et cette petite pensée: "à demain!"
Calvingrad
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Posté par Aukahl le 17/03/2010 à 00:06:45 (id:144220)
Installation et essor: la futile saga d'un parasite.
En une poignée de centaines de milliers d'années, l'être humain, du moins ce qui en était l'ébauche, est resté fidèle à son mode de vie symbiotique (sous-entendu: avec son environnement). Ce mode de vie a tendu avec les âges à l'agriculture et la sédentarisation; jusque là rien de dramatique. Ce qui suit, en revanche, l'est.

Drillé par je ne sais quelle impulsion, cette petite bestiole bipède, s'est mis à construire des bizarreries angulaires (une petite partie d'entre elles, il faut l'admettre, ne s'éloignent pas trop dangereusement d'un concept acceptable de beauté) et à paver le sol. Si les premiers âges de la civilisation ressemblent aux vagissements d'un garnement qui demande en criant des bonbons à maman, ce garnement a grandi et est à présent un adolescent en pleine crise d'identité, d'orgueil et de connerie. Surtout.

Que voyez-vous lorsque vous regardez par votre fenêtre? Plus de la moitié de ces petites bestioles bipèdes de part le monde diraient qu'ils voient comme une grande termitière qui a jailli du sol comme un champignon envahissant, bref, qu'il se voit dans un des innombrables foyers de culture, d'économie, de savoir et de violence que l'Histoire se plait à vanter, une ville donc.
Cessons de tourner autour du pot: la plus grosse portion de l'humanité a investi sa planète comme un morpion investit un poil de queue, à cela près que le morpion ne défigure rien. Les paysages dont se vantent à tort ses hôtes sont balafrés de béton et de ferraille, et nos habitations me rappellement des nids de parasites.

Le dynamisme des uns, c'est notre cancer. Construire plus pour caser plus de monde, c'est détériorer à l'extrême non seulement nos beaux paysages (les rivages du Léman que j'apprécie tant ressemblent à un tas de furoncles sur la lèvre de ma dulcinée...) mais aussi le sens de nos existences. Personnellement, je ne pense pas être né pour permettre comme tous mes congénères qu'un monde laid puisse persévérer dans sa laideur, alors que ce monde laid devait au départ être sublime. J'en ai ma claque de voir nos campagnes enlaidies par des routes et des bâtiments qui ne ressemblent à rien, nos forêts ravagées dans la même optique, et même nos sommets défigurés par trop de voies ferrées, ou d'hôtels/restaurants immondes, comme ils planifient d'en construire sur le Petit Cervin. J'en ai ma claque aussi de voir que la présence humaine doit s'incruster à chaque coin de nature, et qu'il n'existe presque plus de paysages vierges, pas même au fond des océans, qui sont souillés de plastique et autres ordures.

Quand je vois ceci, je pense qu'un jour il n'y avait rien, et ô combien ce devait être mieux!!
Installation et essor: la futile saga d'un parasite.
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Posté par A. Aukahl le 28/02/2010 à 18:07:39 (id:144035)
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